Réduction du temps de travail à 35 heures : qui en bénéficiera et qui sera exclu ?
Une mesure attendue depuis longtemps
La réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires dans l'Administration Générale de l'État (AGE) en Espagne, initialement prévue pour mars, suscite à la fois espoir et interrogations. Cette proposition, présentée par le ministère dirigé par Óscar López, marque la concrétisation d'un engagement issu de l'Accord-Cadre pour l'Amélioration de l'Emploi Public et du Service à la Citoyenneté, conclu il y a plus de trois ans. Cependant, l'exclusion de certains secteurs clés alimente les tensions avec les organisations syndicales.

Qui sont concernés par cette réduction ?
Environ 250 000 fonctionnaires de ministères, d'organismes publics et d'entités dépendantes de l'État pourraient bénéficier de cette mesure. Ils verront leur temps de travail réduit de 2,5 heures par semaine, passant de 37,5 heures à 35, sans diminution de salaire. L'implémentation se fera probablement par décret royal ou instruction ministérielle, permettant de contourner les difficultés liées à l'approbation budgétaire.

Les exclusions : un point de discorde majeur
La proposition exclut certains groupes de fonctionnaires pour des raisons opérationnelles. Parmi eux, le personnel militaire des Forces Armées, les membres de la Police Nationale et de la Garde Civile, ainsi que les fonctionnaires des Institutions Pénitentiaires, dont les horaires sont adaptés aux roulements et aux gardes. Les centres d'enseignement, les établissements sanitaires et institutionnels de l'AGE, y compris Ceuta et Melilla, sont également exclus en raison de l'impossibilité de garantir une flexibilité horaire sans compromettre le service public.

Les revendications syndicales : au-delà des 35 heures
Les syndicats, notamment le CSIF, le syndicat majoritaire de l'AGE, exigent que la mesure soit étendue à l'ensemble du personnel de l'AGE sans exclusion. Ils appellent à une normative de base incluant cette application généralisée. Au-delà de la réduction du temps de travail, les syndicats ont également formulé d'autres demandes, notamment la régulation de la retraite partielle anticipée, le développement effectif du télétravail, la promotion interne, l'actualisation des indemnités et le renforcement du système mutualiste de Muface.

Prochaines étapes et calendrier
- 23 février : Nouvelle réunion entre l'administration et les syndicats pour discuter des points en suspens.
- Proche future : Célébration de la table générale de négociation à l'échelle nationale.
- Publication d'une résolution par la Secrétariat d'État avec des instructions détaillées et des adaptations nécessaires.
- Publication de l'instruction des horaires et des temps de travail de l'AGE au BOE (Bulletin Officiel de l'État).
L'impact sur la qualité du service public
L'administration s'engage à assurer la couverture du service public et l'organisation des roulements de travail, en accordant une attention particulière aux citoyens. La mise en œuvre de cette mesure nécessite une coordination étroite entre les différents départements du secteur public, afin d'éviter toute perturbation et de garantir la continuité des services essentiels. L'objectif est de concilier l'amélioration des conditions de travail des fonctionnaires avec la satisfaction des besoins de la population.