Refus global : les syndicats mettent en péril le plan d'embauche de l'état

Le gouvernement français se heurte à une résistance farouche des syndicats concernant son plan d'augmentation des effectifs dans la fonction publique. L'absence de transparence et le manque de chiffres concrets sont les principaux griefs soulevés par les grandes centrales, qui remettent en question la crédibilité de l'offre.

Un rejet sans équivoque : l'accusation d'opacité

CCOO, UGT et CSIF ont officiellement rejeté la proposition gouvernementale, qualifiée de « négociation sans données ni garanties ». Ce refus s'inscrit dans une lignée de critiques déjà exprimées lors du rejet de l'offre de 2025, jugée insuffisante et inférieure de 8,8% à celle de 2024, qui avait représenté un sommet historique avec plus de 40 000 postes. Le ministère, se contentant de confirmer une offre « similaire » à l'année dernière, sans fournir de détails, alimente la suspicion.

La situation est exacerbée par des enjeux concrets : la régularisation exceptionnelle des immigrés, engendrant une pression intense sur certains organismes de l’État, la mise en place de la journée de 35 heures, nécessitant un renforcement des effectifs, et l'accumulation de postes non pourvus depuis plusieurs années.

Une urgence inédite : trois crises convergent

Une urgence inédite : trois crises convergent

Le rejet syndical prend une dimension critique cette année, amplifiée par la conjonction de trois facteurs majeurs. Tout d'abord, le processus de régularisation extraordinaire des immigrés, qui met en lumière les failles et les besoins d'une Administration Générale de l'État déjà sous tension, notamment dans les domaines de l'Immigration, de la Sécurité Sociale et de l'Intérieur. Ensuite, l'implémentation de la journée de 35 heures, qui exigerait un renforcement des effectifs dans les administrations concernées. Enfin, la lourdeur des offres de postes non encore ouvertes, soit 5 765 postes de recrutement libre et 3 238 de promotion interne pour 2023, 2024 et 2025, dont l'exécution est reportée au vu du délai de deux mois fixé pour la nouvelle offre d'embauche exceptionnelle (OEP) de 2023.

Parallèlement à ce blocage sur la OEP principale, le ministère a annoncé des mesures concrètes comme l'instauration d'un contrôle obligatoire des taux d'occupation des postes pour les services qui ne parviendraient pas à couvrir 75% de leurs créations de postes, la révision de l'accord sur la promotion interne en cas d'échec à pourvoir les offres de recrutement et l'introduction de modules obligatoires en matière de numérique dans les concours.

Javier Arauz, avocat, avertit les fonctionnaires : il est impératif de suivre les procédures établies pour les agents temporaires en situation d'abus de droit. L'avenir de ces 5 765 et 3 238 postes est incertain, le gouvernement ayant exprimé son intention de les convoquer dans un délai de deux mois, un engagement que les syndicats restent sceptiques d'honorer.

En définitive, l'administration doit d'urgence répondre aux besoins croissants de la fonction publique, et non se contenter de promesses vagues et de report de délais.