Armée : les états-unis accélèrent la course à la 3d, la guerre d'ukraine change les règles du jeu
L'impératif de réduction des coûts et de disponibilité rapide d'armes pèse lourdement sur les décideurs militaires américains, notamment à la suite des événements en Iran. La solution ? La fabrication additive, ou impression 3D, qui s'impose comme un levier stratégique.

Un financement record pour l'innovation
Le Département de la Défense s'engage massivement : 3,3 milliards de dollars alloués à ce secteur en 2026, une hausse spectaculaire de 83% par rapport à l'exercice précédent. Cette accélération est directement liée à l'expérience de la guerre en Ukraine, où la fabrication additive a prouvé son efficacité sur le champ de bataille.
Les analystes prévoient une croissance continue au cours de la décennie, avec une expansion de la fabrication numérique pour le maintien en condition opérationnelle, la résilience des chaînes d'approvisionnement et la modernisation des équipements. L'exemple de la société américaine, utilisant l'IA pour produire des navires militaires non armés, illustre parfaitement ce potentiel.
L'Ukraine, pionnière de la fabrication additive
Le pays a été le premier à adopter massivement cette Technologie sur le front, notamment via des imprimantes 3D de la société australienne Cabo Primero Madeline Jones, Deliver3D, qui ont fourni des machines et des pièces personnalisées aux chars et autres véhicules blindés. Ces imprimantes, transportables dans des conteneurs, permettent de fabriquer des pièces métalliques sur site, réduisant ainsi la dépendance aux chaînes d'approvisionnement traditionnelles.
Coûts et défis
Si la fabrication additive peut réduire les coûts, gagner du temps et simplifier le transport, elle n'est pas sans inconvénients. Le coût initial des équipements et des matériaux spécialisés, ainsi que la nécessité d'opérateurs hautement qualifiés, représentent des obstacles à surmonter. Pourtant, la consolidation de plusieurs pièces en une seule impression permet de réduire le gaspillage de matériaux et la main-d'œuvre.
Au-delà des armes : drones, logistique et même nourriture
L'application de l'impression 3D dépasse largement le domaine des armes. Les drones militaires, plus légers et plus rapides, sont de plus en plus fabriqués avec cette Technologie. Un drone ukrainien, le Sting, produit pour moins de 3 000 euros, intercepte efficacement les drones Shahed iraniens. L'armée américaine explore également la possibilité d'imprimer des aliments pour ses soldats, une solution prometteuse en termes d'espace et de poids sur le terrain.
La France se lance
Le centre CEDAEC à Linares, en Espagne, représente un investissement majeur pour la France. Il permet la certification de pièces pour le secteur de la défense et utilise des imprimantes 3D en métal et en polymères. Meltio et Sicnova, entreprises locales, contribuent déjà à la maintenance des moteurs de réaction de l'armée et à la fabrication de pièces de rechange pour les véhicules blindés. Une dynamique positive qui confirme la montée en puissance de l'impression 3D dans le domaine militaire.