Ia : une explosion de puissance, le monde de 2020 est révolu

Mustafa Suleyman, figure emblématique de Microsoft et ancien dirigeant d’Orange, ne mâche pas ses mots : l’évolution de l’intelligence artificielle n’est plus une simple progression linéaire. Il la décrit comme une véritable « explosion », une rupture radicale avec les règles établies.

Le saut quantique : une puissance de calcul inimaginable

Selon Suleyman, le changement a été colossal depuis 2010. Le volume de calcul nécessaire pour alimenter les modèles d'IA les plus avancés a augmenté d'un facteur d'environ un trillion de fois. Ce n'est plus une question d'ajouter simplement plus de puissance, mais d'une transformation complète. Il évoque avec force ce « boom » qui dépasse largement toute anticipation, même celle basée sur la loi de Moore.

Des calculs à l

Des calculs à l'échelle d'une ville

Pour illustrer cette montée en puissance, Suleyman utilise une image frappante : un public massif, chacun équipé d'une calculatrice. Jusqu'à récemment, l'augmentation de la puissance d'IA signifiait simplement ajouter plus de ces calculatrices et attendre patiemment les données. Mais la révolution actuelle réside dans la capacité à faire fonctionner ces calculatrices en permanence, en synergie, comme une seule « intelligence collective ». C’est un changement de paradigme fondamental.

Trois révolutions convergentes

Trois révolutions convergentes

Cette transformation est le fruit de trois avancées majeures qui se conjuguent : la vitesse des puces Nvidia, l’amélioration de la mémoire HBM et la mise en réseau à grande échelle des GPU. Les processeurs Nvidia ont progressé de 312 teraflops en 2020 à 2 250 teraflops aujourd'hui, et le processeur Maia 200 de Microsoft offre un rendement par euro supérieur de 30% à celui des autres puces de sa catégorie. La mémoire HBM3 triplique la bande passante de la version précédente, assurant un flux constant de données et éliminant les temps morts. Enfin, des technologies comme NVLink et InfiniBand permettent de connecter des centaines de milliers de GPU en superordinateurs géants, d'une taille comparable à des navires industriels, transformant le calcul en une opération collaborative à l’échelle industrielle.

Une menace pour la cybersécurité ?

Une menace pour la cybersécurité ?

Eric Schmidt, ancien PDG de Google, alerte sur le fait que nous ne sommes qu’au début de cette transformation. Il estime que nous ne percevons que 10 à 15% de ses véritables capacités. L'essor de ces « agents d'IA presque humains », capables de rédiger du code, de mener des projets complexes et même de négocier des contrats, soulève des questions cruciales sur la sécurité de nos systèmes et de nos données.

L

L'ambition ultime : la superintelligence

Les laboratoires se lancent désormais dans une course effrénée, augmentant leur capacité de calcul à un rythme d'environ 4 fois par an. Entre 2020 et aujourd'hui, le calcul a progressé de 5 fois par an. D'ici 2027, on anticipe un total de 100 millions de puces H100, soit une dizaine de fois l'augmentation prévue en seulement trois ans. Microsoft, Nvidia et la quête de la superintelligence sont désormais les acteurs clés de cette révolution. Suleyman insiste sur le fait que nous ne sommes plus face à des prototypes, mais à des infrastructures massives : des clusters de 100 000 GPU, des racks d'une taille de celle d'une réfrigérateur consommant 120 kilowatts, et des centres de données alimentés par la puissance électrique de l'Europe de l'Ouest. Un avenir où la puissance de calcul atteindra des proportions vertigineuses. Un futur où la