Ormuz : le chaos maritime s'intensifie après les frappes américaines en iran
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz s’effondre. Les tankers et les navires de transport de gaz évitent à présent la voie navigable stratégique, reliant le Golfe Persique aux océans, suite aux frappes américaines et israéliennes contre l'Iran. Des transmissions radio, vraisemblablement de la part de la marine iranienne, annoncent une interdiction de passage, exacerbant les craintes d'une crise majeure.

Les risques croissants alimentent la panique
La situation, déjà tendue, a vu le trafic s'accélérer ces dernières 48 heures. Des sources indiquent que plusieurs pétroliers ont fait demi-tour ou ont modifié leurs itinéraires à mi-trajet, craignant les représailles. Le géant japonais Nippon Yusen KK a ordonné à sa flotte d'éviter Ormuz, et la Grèce a invité sa flotte marchande à reconsidérer ses passages. Un armateur décrit l'avertissement américain comme un « fermeture effective » du détroit.
La valeur du pétrole a bondi. Le West Texas Intermediate a atteint 75,33 dollars lors d'une séance de trading en ligne, en hausse de 12 % par rapport à la veille. Les opérateurs surveillent de près les conséquences des éventuelles représailles iraniennes sur les approvisionnements mondiaux. Les frais de fret, déjà en forte hausse, atteignent des sommets depuis des années.
Un pétrolier, le KHK Empress, revenait de Basra, en Irak, lorsque sa trajectoire a été modifiée vers Nueva Mangalore, en Inde. Le Eagle Veracruz, transportant 2 millions de barils de pétrole saoudien, s'est arrêté près de l'entrée occidentale du détroit, rejoint par le Front Beauly, également chargé de pétrole. Le Front Shanghai, transportant près d'un million de barils de pétrole irakien vers Rotterdam, a également fait escale près de Sharjah.
Les tankers s’amoncellent. Plusieurs navires ont interrompu leur route depuis l'est, créant une flotte de plus de huit pétroliers bloqués près du golfe d'Oman. Le supertanker Mitake, en route pour Ras Tanura, en Arabie saoudite, a stoppé sa progression peu après l'annonce des frappes. Le Suezmax Front Shanghai, transportant du pétrole irakien vers Rotterdam, a fait une escale près de Sharjah.
Les armateurs envisagent de faire valoir des clauses de guerre dans leurs contrats, leur donnant le droit d'annuler les voyages en cas de conflit. Cela pourrait réduire l'offre de navires dans la région, entraînant une flambée des tarifs de fret. La cifra habla por sí sola : le détroit d'Ormuz transporte quotidiennement une cinquième des hydrocarbures liquides transportés par voie maritime à travers le monde.
La situation est précaire. Le détroit d'Ormuz, choke point essentiel, se retrouve au cœur d'une crise géopolitique dont les répercussions pourraient bien dépasser les frontières du Moyen-Orient. La tension, palpable, s’intensifie, et le monde observe, retenant son souffle.