Silicon valley en remise : un pionnier s'oppose à l'obsession des données
Presque tout ce que nous utilisons aujourd’hui renferme désormais un microprocesseur. De nos téléphones aux voitures, en passant par les ordinateurs et les appareils électroménagers, la technologie est omniprésente.
Un retour en verdonge, une remise en question
Ce tournant colossal est en grande partie dû à la figure de Federico Faggin, physicien et ingénieur italien, véritable architecte de l'essor de Silicon Valley. Après plus de cinquante années passées aux États-Unis, il a choisi de s’installer définitivement à Vicenza, sa ville natale. Mais ce retour n’est pas un simple retour aux sources ; c’est avant tout une prise de distance face à ce qu’il considère comme une dérive du modèle californien.
Faggin dénonce un « détournement » du logiciel. Selon lui, l’industrie technologique a été happée par une logique mercantile, au détriment de la création d’outils réellement utiles pour les utilisateurs. Aujourd’hui, il observe avec une amère lucidité que le logiciel est souvent utilisé pour manipuler, pour influencer le comportement des individus.
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Des racines dans l’innovation, un regard inquiet
L’homme qui a transformé une vallée de Californie en le cœur battant de l’informatique ne l’oublie pas. Il se souvient d'une époque où la réponse à une question n'était pas toujours un « non », mais un « comment faire ? ». Il a été l’artisan du microprocesseur Intel 4004, et a contribué au développement de puces emblématiques comme l’8008 et l’8080, des éléments fondateurs de l’informatique personnelle. Sa contribution a été reconnue par Bill Gates, qui a d’ailleurs affirmé que sans Faggin, Silicon Valley n’aurait été qu’une simple vallée.
En 2010, Barack Obama lui a décerne la Médaille Nationale de Science, Technologie et Innovation, une distinction d'une rare envergure. Malgré ces succès, Faggin a longtemps lutté pour que son rôle dans l'histoire de l'informatique soit reconnu. Sa femme, Elvia, a joué un rôle déterminant dans cette bataille. Aujourd’hui, il s’intéresse à la question de la conscience et de l'intelligence artificielle, prévenant des risques liés à une IA contrôlée par des algorithmes et des entreprises.
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Vers une éthique au-delà de l'algorithme
Son travail actuel se concentre sur la défense de l’autonomie humaine, une sorte de résistance technologique contre une dérive vers une société où les décisions seraient prises par des machines. En collaboration avec Andrea Camporese et d'autres chercheurs, il travaille sur une intelligence artificielle axée sur les besoins humains, à travers l'entreprise P49 à Padoue. Loin des ambitions de production de puces toujours plus puissantes, l’avenir de ce pionnier de la Silicon Valley réside désormais dans la protection de notre libre arbitre, un combat urgent et, selon lui, impératif. Il est clair que la course à la puissance ne doit pas se faire au détriment de notre humanité.