Zuckerberg : l'ia, pas un tsunami, mais un défi de priorités
Mark Zuckerberg, le PDG de Meta, a balayé d'un revers de main les craintes d'une vague de suppressions d'emplois induite par l'intelligence artificielle. Dans une interview exclusive à Idea Generation de Complex, il a tranché : « L'idée que c'est inévitable, c'est un fantasme. »
Une vision alternative à l'automatisation généralisée
Zuckerberg plaide pour un changement de paradigme, en mettant l'accent sur la « superintelligence personnelle » plutôt que sur une automatisation généralisée du travail cognitif. Il pointe du doigt Anthropic et OpenAI, des concurrents directs, comme des exemples de ce qu’il juge « pas très bon » : une concentration excessive sur l’automatisation au détriment de l’empowerment individuel.
Selon lui, un équilibre entre des entreprises axées sur l'efficacité et d'autres privilégiant le développement des compétences humaines serait la solution. « Si certaines entreprises se concentrent sur l'amélioration de la productivité des employés, tandis que d'autres investissent dans l'augmentation de la productivité individuelle, alors, je pense, nous serons dans une situation plutôt positive », affirme-t-il, avec une certaine conviction.

Anthropic, un scénario pessimiste
Cette vision contraste fortement avec les déclarations de Dario Amodei, PDG d'Anthropic, qui avait évoqué la possibilité pour jusqu'à la moitié des emplois de bureau de niveau débutant de disparaître dans les cinq prochaines années. Sam Altman, de OpenAI, a quant à lui tempéré ces craintes, estimant que l’apocalypse du travail n’était pas à l’horizon. Zuckerberg, lui, insiste sur le fait que les entreprises cherchent toujours à optimiser leurs processus.

Un « reset » pour meta
Meta, malgré sa position établie, a connu des difficultés dans la course à l'IA. Zuckerberg qualifie les milliards d'euros investis dans le recrutement et la refonte de sa stratégie d'IA de « reset ». Le recrutement d'Alexandr Wang, considéré comme l'un des talents les plus précieux de l'IA, a marqué un tournant.
Le lancement de Muse Spark, le premier grand modèle linguistique de Meta depuis un investissement de 14 milliards de dollars dans Scale AI, est perçu par Zuckerberg comme un signe d'amélioration. Il ne se cantonne pas à se contenter de « se satisfaire » de la situation actuelle, mais insiste sur la nécessité de « faire encore mieux ».
Un avenir incertain malgré tout
Chamath Palihapitiya, ancien cadre de Facebook, a d'ailleurs exprimé un avis sombre sur la capacité de Meta à rattraper son retard. « Il est peu probable que Meta puisse rattraper son retard », a-t-il déclaré. Pour Zuckerberg, l'objectif est de maintenir les travailleurs à l'avant-garde de l'automatisation. « Si vous vous concentrez sur l'empowerment des individus et sur l'augmentation de leur productivité, et que cela se produit à un rythme plus rapide que l'amélioration de l'automatisation par les entreprises, alors, en théorie, nous devrions avoir plus d'emplois à l'avenir, pas moins. »
Meta : une entreprise en mutation
Suite à la récente augmentation de sa main-d'œuvre de 1% en avril, Meta comptait 77 986 employés. Cette augmentation intervient après une restructuration qui a entraîné la suppression d'environ 8 000 postes, notamment dans les équipes d'intégrité, de cybersécurité et de conception de contenu. La justification de ces coupes est une volonté d'améliorer l'efficacité de l'entreprise et de financer d'autres investissements.